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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI
UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES
DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

NGUYỄN HẢI LY

ANALYSE DES PROCÉDÉS LINGUISTIQUES
DANS LES TITRES DES ARTICLES DE JOURNAUX
(CAS DES ARTICLES DU JOURNAL “LE MONDE”)
PHÂN TÍ CH CÁ C PHƯƠNG TIỆN NGÔN NGỮ
SỬ DỤNG TRONG TIÊU ĐỀ BÁ O CHÍ
(TIÊU ĐỀ CÁ C BÀ I BÁ O CỦ A TỜ « LE MONDE »)

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES DE MASTER

Spécialité : Linguistique
Code : 60220203

Hà Nội – 2015



UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI
UNIVERSITÉ DE LANGUES ET D’ÉTUDES INTERNATIONALES
DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

NGUYỄN HẢI LY

ANALYSE DES PROCÉDÉS LINGUISTIQUES
DANS LES TITRES DES ARTICLES DE JOURNAUX
(CAS DES ARTICLES DU JOURNAL “LE MONDE”)
PHÂN TÍ CH CÁ C PHƯƠNG TIỆN NGÔN NGỮ
SỬ DỤNG TRONG TIÊU ĐỀ BÁ O CHÍ
(TIÊU ĐỀ CÁ C BÀ I BÁ O CỦ A TỜ « LE MONDE »)

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES DE MASTER

Spécialité : Linguistique
Code : 60220203
Directeur : Monsieur le Pr. Dr. Trịnh Đức Thái

Hà Nội – 2015


ATTESTATION DE NON-PLAGIAT
Je soussignée Hai Ly NGUYEN,
Auteurs du mémoire de master intitulé Analyse des procédés linguistiques
dans les titres des articles de journaux (Cas des titres du journal « Le Monde »)
Déclarons sur l‟honneur que ce mémoire est le fruit d‟un travail personnel,
en binôme, que nous n‟avons ni contrefait, ni falsifié, ni copié tout ou partie de
l‟œuvre d‟autrui afin de la faire passer pour nôtre.
Toutes les sources d‟information utilisées et les citations d‟auteur ont été
mentionnées conformément aux usages en vigueur.
Nous sommes conscient(e)s que le fait de ne pas citer une source ou de ne
pas la citer clairement et complètement est constitutif de plagiat, que le plagiat est
considéré comme une faute grave au sein de l‟Université, pouvant être sévèrement
sanctionnée par la loi.
Fait à Hanoï, le 14 décembre 2015
Signature de l‟étudiante

i



REMERCIEMENTS
En préambule à ce mémoire, je souhaite adresser mes remerciements
sincères à Monsieur Duc Thai TRINH, directeur de ce mémoire, qui m‟a guidé
dans mon travail, m‟a aidé à trouver des solutions pour avancer, à dépasser mes
freins psychologiques. Sans son encouragement, je n‟aurais jamais pu aller
jusqu‟au bout du travail.
Et je voudrais adresser également mes grands remerciements à mes parents
et mes amis et m‟ont toujours soutenue et m‟encouragée pendant tout mon
parcours de master, surtout au cours de la réalisation de ce mémoire.

ii


TABLE DES MATIÈRES

ATTESTATION DE NON-PLAGIAT ....................................................................... i
REMERCIEMENTS ..................................................................................................ii
TABLE DES MATIÈRES ....................................................................................... iii
INTRODUCTION ...................................................................................................... 1
1. Raison de choix du sujet ..................................................................................... 1
2. Questions de recherche ....................................................................................... 1
3. Hypothèses : ........................................................................................................ 2
4. Objectifs : ............................................................................................................ 2
5. Méthodologie ...................................................................................................... 2
6. Plan du mémoire ................................................................................................ 3
CHAPITRE I CADRE THÉORIQUE ....................................................................... 5
1.1. Présentation générale de l‟Analyse du discours .............................................. 5
1.2. Enonciation/Enoncé ou approche énonciative ................................................. 7
1.2.1. Les modalités de l‟énonciation .................................................................. 8
1.2.2. Les modalités de l‟énoncé ....................................................................... 13
1.2.3. Les thématisations ................................................................................... 26
1.2.4. Les modes de la citation .......................................................................... 32
CHAPITRE 2 PRÉSENTATION DU CORPUS ..................................................... 38
2.1. Le contrat de communication médiatique ..................................................... 38
2.2. Les titres de presse et les titres dans la presse ............................................... 42
2.3. La dimension pragmatique des titres dans les articles de journaux ............... 44
2.3. Présentation du corpus ................................................................................... 48
2.3.1. Le choix du corpus .................................................................................. 48
2.3.2. Liste des titres d‟articles de journaux du corpus ..................................... 49
CHAPITRE 3 ANALYSE DU CORPUS ................................................................ 54
3.1. Les modalités de l‟énonciation ...................................................................... 56
3.2. Les modalités de l‟énoncé ............................................................................. 60

iii


3.2.1. Les marqueurs modaux ........................................................................... 60
2.2.2. Les déictiques .......................................................................................... 64
3.3. Les thématisations ........................................................................................ 69
3.4. Les modes de la citation ................................................................................ 71
3.4.1. Le discours rapporté ................................................................................ 71
3.4.2. La citation ................................................................................................ 72
3.5. Les autres procédés ........................................................................................ 78
CONCLUSION ........................................................................................................ 82
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................... 84
ANNEXE 1 ................................................................................................................ I
ANNEXE 2 ............................................................................................................... II
ANNEXE 3 ...........................................................................................................XIX

iv


INTRODUCTION

1. Raison de choix du sujet
Une recherche n‟est pas quelque chose d‟évident, elle ne peut pas être
réussie si elle ne vient pas de l‟intérêt et des motivations personnelles de son
auteur.
Les titres des articles de journaux, depuis le début de mes études postuniversitaires, sont toujours un des sujets qui me rendent curieuse. La presse, ayant
une grande influence sur la façon de penser et le point de vue des lecteurs, est donc
considérée comme un des discours dominants de notre époque. Les titres, qui ont
deux fonctions : résumer tout l‟article et/ou attirer l‟attention, sont utilisés comme
une invitation, une incitation à lire, même un hameçon pour certains cas. C‟est
pourquoi nous voudrions étudier, dans cette recherche, quelles sont les stratégies
des journalistes en créant ce type d‟ « hameçon ».
Il existe maintenant des milliers quotidiens et magazines en France mais un
des journaux les plus connus et prestigieux, c‟est toujours « Le Monde ». Créé en
1944, depuis plusieurs décennies, ce quotidien devient un journal de référence qui
est diffusé dans beaucoup de pays, même dans les non-francophones. C‟est
pourquoi nous voulons prendre les titres de ses articles comme corpus pour
pouvoir chercher les stratégies des journalistes.
2. Questions de recherche
La plus grande question qui s‟est posée à nous alors était la suivante :
Comment utilisent les journalistes du Monde les procédés linguistiques
dans les titres des articles pour un tel nombre de lecteurs ?

1


3. Hypothèses :
Les procédés linguistiques et discursifs qui vont apparaître dans les titres des
articles de journaux sont comme ceux des autres types de discours : les modalités
de l‟énonciation, de l‟énoncé ou les thématisations,… Mais pour créer les titres
intéressants dans « Le Monde », les journalistes ne peuvent pas appliquer trop
servilement les procédés mentionnés dans la partie du cadre théorique. Ils peuvent
les combinent avec d‟autres stratégies qu‟on ne trouve pas encore dans la théorie.

4. Objectifs :
-

Étudier la théorie de l‟analyse du discours et des théories d‟énonciation.

-

Savoir comment ces théories sont appliquées dans le discours de la vie
quotidienne, dans les titres des articles de journaux en commun et ceux du
« Monde » en particulier.

-

Connaître la tendance d‟utilisation des procédés linguistiques dans chaque
rubrique de quelques journaux français de nos jours.

5. Méthodologie
 Objet de recherche
Pour répondre aux questions de recherche, nous recourrons à deux corpus
dont les bases de données sont les titres des articles en faisant l‟hypothèse que les
traces des outils linguistiques et discursifs y sont représentées. Nous avons
procédé d‟abord à la constitution d‟un premier corpus qui englobe des titres que
nous trouvions intéressants dans toutes les rubriques dans les journaux ou
magazines que nous avons consultés depuis mai jusqu‟à octobre 2015. Cela nous
a aidé à acquérir une vue globale sur les stratégies qui, utilisées par les
journalistes dans les titres de plusieurs aspects de la vie, vont être choisies comme
notions pour former notre base théorique.

2


Le deuxième corpus, que nous présentons dans l‟annexe, est une collection
de cent vingt titres des articles qui viennent de douze rubriques du journal
numérique lemonde.fr. Afin de garantir l‟objectivité, les titres sont choisis par
hasard selon la date : dix titres parus aux différentes années pour chaque rubrique.
Il est indéniable qu‟on ne pouvait pas trouver dans ce premier corpus toutes les
stratégies, le corpus principal va donc nous permettre de vérifier les « anciennes »
stratégies et d‟en découvrir de « nouvelles ».
 Méthode de recherche
La méthode que nous recourons dans notre recherche est la méthode
descriptive. Comme déjà représentée par son nom, cette méthode aide le chercheur
à présenter une situation, à décrire, à présenter les circonstances, à fournir une
image précise d‟un phénomène ou d‟une situation particulière. « La recherche
descriptive est associée aux hypothèses de recherche statistique, c‟est-à-dire celles
qui posent des questions sur les états plutôt que sur les changements d‟états »
(Nguyen Quang Thuan, 2007, p.38). Alors à travers le corpus qui compose des
titres sélectionnés, nous allons dresser un tableau combiné des unités de l‟analyse
du discours et des théories énonciatives qui donnerai une vision plus générale par
la statistique, le pourcentage de chaque unité utilisée dans les titres dans la presse.
6. Plan du mémoire
Par rapport aux questions posées afin de résoudre la problématique, nous
avons divisé notre recherche en trois parties principales.
Le premier chapitre va s‟interroger sur le cadre théorique dans lequel
figurent les notions de l‟analyse du discours et des théories énonciatives qu‟on a
trouvées dans l‟approche du premier corpus : il s‟agit des modalités de
l‟énonciation et de l‟énoncé. D‟ailleurs, plusieurs titres se composent de la
formule « sujet – prédicat » ou de guillemets qui ne font pas partie des modalités.
C‟est pourquoi nous tenons également à aborder les thématisations et les modes
3


de citations dans une sous-partie de même niveau que les deux parties sur les
modalités.
Avant d‟entrer dans l‟analyse du corpus, il nous a semblé aussi nécessaire
de procéder d‟abord dans le deuxième chapitre à une petite présentation du journal
« Le Monde » pour mieux comprendre le contexte, l‟environnement dans lesquels
les articles de journaux et leurs titres fonctionnent. Nous allons expliquer plus
précisément notre choix et son résultat. La dernière sous-partie est exclusivement
destinée à l‟analyse des titres des articles présentés dans le corpus en se basant sur
les théories présentées dans la partie précédente. Nous essayerons de trouver des
autres stratégies auxquelles les journalistes ont recouru dans les titres choisis.

4


CHAPITRE I
CADRE THÉORIQUE

Notre recherche porte sur les titres des articles de journaux qui, on le sait,
en tant que formules brèves, obéissent à un type de discours spécifique. Ce choix
s‟explique par l‟abondance et la variété des titres dans la presse française
notamment. Elle frappe notre esprit, nous impressionne et attire les yeux.
Afin de mieux comprendre ce discours, il nous semble important de faire
appel aux théories qui nous ont semblé les plus utiles pour cet objectif, à savoir les
théories énonciatives, les théories et outils de l‟analyse du discours.
1.1. Présentation générale de l’Analyse du discours
« Faire de l‟analyse du discours, c‟est apprendre à délinéariser le texte pour
restituer sous la surface lisse des mots la profondeur enchevêtrée des indices d‟un
passé. » (Courtine, 1989, p.37)
En se présentant ainsi comme l‟un des éléments indispensables dans les
sciences sociales et humaines mais en s‟opposant à l‟analyse de contenu, l‟analyse
du discours (couramment abrévié AD) ne traite pas la question de ce que le texte
dit mais plutôt comment il le dit, autrement dit elle porte sur les marques
énonciatives, sur les liens qui unissent le destinateur et le destinateur, ou encore
sur le contrat qui les lie dans une situation particulière. Comme l‟affirme J.
Marandin (1979, p.18) : « ce qui distingue l‟analyse du discours d‟autres pratiques
d‟analyse du texte, c‟est l‟utilisation de la linguistique ».
Néanmoins le terme de « discours », qui est au centre de cette discipline,
varie selon les contextes et est une notion complexe dont la signification a besoin
d‟être précisée. Ainsi dans la vie courante, par exemple, il peut être utilisé pour

5


parler d‟un énoncé solennel, prononcé lors d‟événements particuliers, devant une
grande audience. Il peut être perçu comme quelque chose de négatif, « il fait des
discours, beaucoup de discours mais n‟agit pas ».
Ce n‟est pas ce sens qui nous intéresse dans ce mémoire, notre objet
d‟étude s‟inscrit dans les approches des sciences du langage où la notion de
« discours », est beaucoup plus complexe, définie par des multiples courants
linguistiques qui se complètent mais parfois

s‟opposent l‟un

l‟autre. Dans

L’Analyse du discours (1991, p.15), Dominique Maingueneau cite au moins sept
emplois du terme « discours » depuis la fin des années 1960 :
 Discours 1 : équivalent de la « parole » (l‟usage de la langue par un
individu donné selon des contextes) de l‟opposition « langue / parole » de
Saussure.
 Discours 2 : tout énoncé supérieur à la phrase, équivalent du « texte ».
 Discours 3 : au point de vue des théories de l‟énonciation ou de la
pragmatique, en comparaison avec l‟énoncé, le « discours » insiste plus sur
le caractère dynamique de l‟énonciation, son pouvoir faire agir l‟autre dans
sa dimension interactive.
 Discours 4 : équivalent de la « conversation », de l‟interaction orale.
 Discours 5 : l‟opposition de « langue / discours » comme « un système
virtuel de valeurs peu spécifiées, à une diversification superficielle liée à la
variété des usages qui sont faits des unités linguistiques ».
 Discours 6 : on entend parler souvent de « discours politique », « discours
féministe » ou « discours administratif », etc . Dans ce cas le terme désigne
le système qui donne une même vision du monde à un ensemble d‟énoncés
à partir d‟une certaine position sociale ou idéologique.
 Discours 7 : l‟AD définit son objet en recourant l‟opposition de « énoncé /
discours » de L. Guespin (1971, p.10 ; cité in Maingueneau 1991, p.11) :

6


« L‟énoncé, c‟est la suite des phrases émises entre deux blancs
sémantiques, deux arrêts de la communication ; le discours, c‟est
l‟énoncé considéré du point de vue du mécanisme discursif qui le
conditionne. »
L‟AD et les chercheurs qui s‟en réclament, comme nous l‟avons présenté
ci-dessous, s‟ouvrent, d‟un point de vue épistémologique et de façon progressive,
à d‟autres disciplines du discours comme les théories énonciatives, la pragmatique
linguistique, les théories de l‟interaction ou encore l‟argumentation1. Différents
courants, qui vont donc s‟y croiser, vont l‟enrichir ; les plus connus sont : les
approches énonciative, communicationnelle, conversationnelle, pragmatique.
Nous suivrons l‟une de ces extensions qui nous semble la plus pertinente pour
notre projet. Nous souhaitons en effet croiser ces différents courants afin de mieux
appréhender les titres de presse et aborder tout d‟abord l‟approche énonciative.
1.2. Enonciation/Enoncé ou approche énonciative
Parler de l‟énonciation, c‟est nécessairement évoquer Emile Benveniste
dont les travaux synthétisent l‟approche des deux notions énonciation / énoncé :
L‟énonciation, « c‟est la mise en fonctionnement de la langue par un acte
individuel d‟utilisation » (Benveniste, 1970, p.12). De fait, l‟énonciation met en
évidence l‟émergence du sujet dans l‟énoncé, la relation qu‟il entretient avec son
interlocuteur, son attitude par rapport à son propos ou énoncé. En résumé,
« l‟énonciation » est un acte de créer, de produire, d‟utiliser la langue, de la mettre
en œuvre, en action tandis que « l‟énoncé » est le résultat de cet acte. Les deux
termes s‟opposent donc comme la fabrication de l‟objet et l‟objet fabriqué.
Avant d‟entrer dans les deux premières sous parties, il me semble
nécessaire de mieux comprendre la notion de « modalité ».

1

Voir annexe 1.

7


1.2.1. Les modalités de l’énonciation
Pour expliquer ce qu‟est la « modalité » en sciences du langage, on a
coutume de rappeler l‟opposition entre « modus » et « dictum » posée par C. Bally
(1965). Selon lui, la modalité, appelée modus, est définie comme « la forme
linguistique d‟un jugement intellectuel, d‟un jugement affectif ou d‟une volonté
qu‟un sujet pensant énonce à propos d‟une perception ou d‟une représentation de
son esprit » tandis que le dictum est équivalent au contenu. Une absence totale de
modalité correspond à un jugement de la réalité, montre alors la vérité telle qu‟elle
existe.
Les travaux dans ce domaine permettent de distinguer deux types de
modalité :
- Les modalités de l‟énonciation qui marquent la relation entre les acteurs
de l‟échange et montrent les caractéristiques relationnelles qui les lient. La
modalité de l‟énonciation prennent des formes diverses, elle peut être
interrogative, déclarative, assertive…
- Les modalités des énoncés se présentent sous deux types :
o modalités logiques qui renvoient au positionnement du locuteur par
rapport à la vérité, à la fausseté, à la vraisemblance ;
o modalités appréciatives qui renvoient au positionnement du locuteur par
rapport à des jugements subjectifs tels que la beauté, la tristesse, la
joie,…
Plus précisément en linguistique, cette distinction est liée relativement à
celle de «signification/sens ». En fait, « l‟énonciation » et « la signification » sont
toujours déterminées par le contexte et forment le « dit » pour reprendre la
terminologie d‟Oswald Ducrot (1984), alors que « l‟énoncé » et « le sens » ne
comportent que les aspects sémantiques liés aux composants linguistiques du
propos et constituent le « dire ». Prenons l‟exemple suivant pour mieux nous faire
comprendre: l‟énoncé « Il fait chaud ici ! » porte le sens en langue de la
8


température dans le lieu où on se trouve, mais selon les différents contextes, le fait
d‟énoncer cette phrase peut donner plusieurs significations comme « Il fait froid
dehors. », « Ouvre la fenêtre ! » ou « Je ne veux plus rester ici. », etc.
Comment peut-on alors distinguer les modalités de l‟énonciation à celles de
l‟énoncé ? « Si les modalités d‟énonciation portent sur le dire, les modalités
d‟énoncé portent sur le dit » (Nølke, 1993, p.143). Autrement dit, dans une
communication, la modalité de l‟énonciation s‟exerce sur les interlocuteurs
pendant que celle de l‟énoncé s‟exerce sur le contenu, de ce qui est dit. Dans un
discours, ces deux types de modalités sont toujours ensemble comme le rectoverso d‟un papier, mais quand une seule modalité d‟énonciation est présentée dans
une phrase, plusieurs modalités d‟énoncés peuvent être y apparaissent (Meunier,
1974).
Nous allons donc nous intéresser tout d‟abord aux modalités de
l‟énonciation et faire une présentation des types et des formes verbale/nominale
de phrases qui vont servir à l‟analyse de notre corpus.
a. Les types de phrases
Dans la suite des travaux de A.-M. Diller (1980), Kerbrat-Orecchioni
(1991) classe les phrases en trois grands groupes qui correspondent aux trois
principales fonctions pragmatiques du discours : « ceux qui décrivent le monde,
ceux qui interrogent sur le monde, et ceux qui cherchent à changer le monde ». Ce
sont les trois types des phrases fondamentaux : déclaratif (assertif), interrogatif,
impératif (injonctif). On y ajoute souvent un quatrième correspondant à
l‟expression d‟un sentiment vif du locuteur : le type exclamatif car
« l‟exclamation fait appel à une grande diversité de structures » (Maingueneau
1999, p.58).
 Phrase déclarative ou assertive

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Terminée habituellement par un point, la phrase déclarative ou assertive est
le type le plus répandu mais le moins marqué d‟affectivité. Elle est employée
normalement pour énoncer un fait ou donner une information. Sa structure est
souvent présentée sous forme d‟une phrase canonique groupe nominal – groupe
verbal. L‟assertion « pose un état de choses comme vrai ou faux. D‟un point de
vue syntaxique, il s‟agit d‟énoncés qui comportent un sujet exprimé et dont le
verbe porte des marqueurs de personne et de temps » (ibid., p.46).
Elle peut être affirmative (ex : Il est content) ou négative quand elle veut
nier quelque chose en contenant un marqueur négatif composées de deux adverbes
« ne… pas » ou leurs variantes (ex : Il n’est pas content)
Parmi les quatre types de phrase, la phrase déclarative est toujours
considérée comme de modèle de phrase de base (phrase canonique) tandis que les
autres formes sont des phrases transformées. C‟est pourquoi ces trois formes
peuvent garder leur structure et leurs formes ou les modifier en changeant de
position des groupes de mots et ajoutant les mots marquées de leur nature de
phrase.
 Phrase interrogative
Les phrases interrogatives sont souvent divisées en deux types :
l‟interrogation totale (ou la question fermée) qui sollicite une réponse de « oui »
ou « non », et l‟interrogation partielle (ou la question ouverte) qui est
accompagnée par un mot d‟interrogation (Qui ? Que ? Quel ? Quand ? Où ?
Pourquoi ? Comment ? Combien ?).
Pour l‟énonciateur, la phrase interrogative est un outil qui permet de poser
une question ou d‟exprimer une demande, et cet acte de langage initiatif doit
théoriquement déboucher sur une réponse, une action ; bref le locuteur demandeur
est à la recherche d‟une information, de quelque chose et attend une réponse ou
une réaction. C‟est un acte qui impose bien souvent des contraintes, comme le

10


remarque Maingueneau (ibid., p.48) « interroger quelqu‟un, c‟est le placer dans
l‟alternative de répondre ou de ne pas répondre. C‟est aussi lui imposer le cadre
dans lequel il doit inscrire sa réplique ».
Mais la valeur ou la force pragmatique de ce type de phrases varie selon le
contexte et de l‟intention de celui qui pose la question. Ainsi, à titre d‟exemple,
cette valeur pragmatique peut être montrée à l‟oral par l‟intonation.
La question reste un acte de langage complexe et dire qu‟elle nécessite une
réaction ou une réponse n‟est pas toujours juste ; il y a des cas où le locuteur
n‟attend de son allocutaire ni une réponse et parfois ni une réaction : il s‟agit de la
question rhétorique, par exemple : « Mais les hommes conservent-ils de la passion
dans ces engagements éternels ? » (Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves) en
est un exemple.
 Phrase impérative ou injonctive
Une phrase impérative ou injonctive indique que l‟énonciateur veut agir sur
le destinataire pour l‟influencer ou faire changer ses comportements. Selon les
différentes situations, il lui communique un ordre, une interdiction, un souhait, un
conseil, une prière, une demande polie etc., dans l'attente d'une action de la part de
celui-ci. Riegel et al. (2009, p.665) insistent aussi sur ces valeurs : « Le type
impératif ou injonctif est associé habituellement à un acte d‟intimation ou
d‟injonction (…). Il se caractérise par l‟absence de sujet du verbe quand celui-ci
est au mode impératif (Sortez !) ».
Comme l‟injonction présente dans la majorité des cas un ordre, on peut
voir une relation proche de celle avec l‟interrogation car elle devient à ce moment
une demande d‟un faire. C‟est pourquoi Searle (1982) considère la question et
l‟ordre comme les deux membres de la même famille, celles des « directifs » :
elles sont toutes les « demandes » :

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Demande
d‟un dire

d‟un faire

(réaction verbale)

(réaction non verbale)

Question

Ordre

 Phrase exclamative
Pourquoi selon quelques linguistes, la phrase exclamative n‟est-elle pas
classée comme un type de phrase ? Ne présentant pas une relation particulière
entre le locuteur et l‟allocutaire, elle n‟est donc pas un acte de langage premier et
unique qui peut être distingué nettement des autres types de phrases. Comme « la
phrase exclamative bien qu‟étant, en ce qui concerne le contenu sémantique
analogue à la phrase déclarative (vu qu‟elle apporte une information), elle
présente la particularité d‟ajouter au message, si bref soit-il, une connotation
affective », elle y ajoute l‟expression de la subjectivité de l‟énonciateur par
rapport à son énoncé. C‟est pour cette raison que Tomasson, Riegel et al. (ibid.)
regroupent les trois premiers types de phrase sous le type « énonciatifs » et la
phrase exclamative sous le type « subjectif ».
En produisant une phrase exclamative, le locuteur veut manifester un
sentiment vif : la joie, la tristesse, la douleur, la surprise, l‟indignation,
l‟admiration... Deux types de structures exclamatives existent : l‟implicite et
l‟explicite. La phrase explicite est à

rapprocher de

la déclaration ou de

l‟interrogation : Ex : Elle est très jolie ! ; Qu’est-ce qu’il a fait !
La phrase exclamative implicite peut être constituée d‟un seul mot isolé ou
d‟une suite de mots, manque souvent un ou des éléments dans la phrase canonique
de forme sujet – verbe – complément. Dans ce cas, il s‟agit souvent une phrase
non verbale, introduite par un adverbe ou un déterminant exclamatif, parfois
renforcée par des interjections, enfin terminée par un point d‟exclamation comme
la phrase impérative : Ex : Oh ! Pauvre ce petit !

12


b. Phrases nominales ou phrases verbales ?
Si nous exposons ce type de phrase, c‟est parce que nous avons constaté
qu‟il est très présent dans les titres de journaux, comme d‟ailleurs dans les slogans
publicitaires. Il n‟est pas difficile de distinguer une phrase verbale d‟une phrase
nominale : la première est construite toujours autour au moins d‟un verbe
conjugué, tandis que la deuxième ne contient pas de verbe mais un prédicat
nominal comme présentée par Benveniste (1966, p.128) : «

Caractérisée

sommairement, la phrase nominale comporte un prédicat nominale, sans verbe ni
copule… »
La question qui nous intéresse ici est la suivante : Pourquoi trouve-on
souvent des phrases nominales dans les prescriptions, dans les slogans, … et
surtout dans les titres de presse ? Notre hypothèse est qu‟elles servent d‟abord à
raccourcir, à accélérer la phrase, ensuite à mettre l‟accent sur l‟information, à aller
tout de suite à l‟essentiel du message, et enfin à renforcer l‟idée et l‟émotion que
le journaliste veut impliquer aux lecteurs, ce qu‟on appelle « l‟effet de choc ». Cet
effet est presque indispensable dans le discours médiatique actuel qui a pour but
d‟attirer au premier temps un monde moderne, rapide, pressé et « encerclé » par
trop d‟informations. Une autre raison par laquelle les journaux abusent les phrases
nominalisations, c‟est qu‟elles les aident à « cacher » le temps verbaux et donc à
réaliser le procédé d‟actualisation des faits parlés par ces articles.
Nous nous interrogeons dans les sous-parties qui suivent sur les raisons
pour lesquelles les journalistes ont recours aux phrases nominales.
1.2.2. Les modalités de l’énoncé
1.2.2.1. Les modalisations
Avant d‟aborder les modalités de l‟énoncé, il est nécessaire de comprendre
la notion de « modalisation » car elle correspond à l‟acception le plus étendue de
celle de « modalité ». Dans la théorie des énonciatives, A. Culioli (1975) distingue

13


la modalisation à la modalité : « La modalisation est une opération par laquelle on
affecte d‟une modalité, la modalité étant la catégorie grammaticale ».
Tandis que les modalités de l‟énonciation représentent un type de relation
entre les interlocuteurs, celles de l‟énoncé établissent un lien entre le locuteur et
ce qu‟il dit. En fait, les modalités d'énoncé regroupent tous les moyens
linguistiques par lesquels le locuteur manifeste une attitude, exprime ses
émotions, ses sentiments par rapport à son énoncé. Comme définies par M.
Riegel et al (1996, p.579), elles « renvoient au sujet de l‟énonciation en marquant
son attitude vis-à-vis du contenu de l‟énoncé. […] Elles expriment la manière
dont l‟énonciateur apprécie le contenu de l‟énoncé ». Ce sont donc les modalités
logiques et les modalités appréciatives représentées dans les verbes modaux, les
modalisateurs (adverbes, marques temporelles), les adjectifs subjectifs (affectifs,
évaluatifs, axiologiques).
a. Les marqueurs des modalités de l’énoncé
Les marqueurs modaux français sont très divers et peuvent être combinés
facilement entre eux. N. Le Querler les divise en plusieurs classes : marqueurs
intonatifs, morphologiques, lexicaux ou syntaxiques. Comme les marqueurs
intonatifs et syntaxiques conviennent plutôt à la modalité de l‟énonciation, nous
traiterons dans cette parties ceux de la morphologie et du lexique qui se présentent
dans les catégories lexicaux et temporelles.
 Les modalités verbales
On appelle les verbes permettant d‟exprimer une modalité les auxiliaires
modaux ou les semi-auxiliaires modaux. Pour bien les distinguer aux autres types
d‟auxiliaires, on peut recourir aux exemples ci-dessous qui en présente trois dans
la langue françaises :
-

Auxiliation de temporalité. Ex : Il frappe – Il a frappé

-

Auxiliation de diathèse (qu‟on trouve dans la forme passive). Ex : Il frappe –
Il est frappé
14


-

Auxiliation de modalité. Ex : Il peut frapper
A la première vue, l‟auxiliation de modalité est différente à deux autres

types par rapport à la forme de la l‟auxilié qui est utilisé à l‟infinitif et donc
invariable. En modifiant le sens de l‟auxilié, elle peut être compatible avec
l‟auxiliation de temporalité et de diathèse (ex : Il a pu frapper sa femme), on
obtient alors une structure binomiale.
A partir de ce point, on retrouve les autres auxiliants (correspondant de
« auxiliaire », utilisé dans l‟opposition « auxiliaire / auxilié ») qui jouent une
même fonction comme :
-

Pouvoir, sembler, paraître, devoir : expriment l‟éventualité

-

Devoir : exprime l‟obligation

-

Pouvoir : exprime la permission ou la capacité

-

Savoir : exprime la capacité ou la compétence du sujet

-

Aller, monter, partir, courir… : expriment le déplacement

-

Croire,

estimer,

penser,

savoir,

avouer,

reconnaître… :

expriment

l‟évaluation de l‟attitude vis-à-vis ce qu‟on dit.
-

Aimer, détester, préférer, désirer, vouloir, détester … : expriment le propre
sentiment du sujet.
 Les adjectifs subjectifs
Contribuant une partie dans les expressions des modalités des énoncés, les

adjectifs subjectifs aident aussi au locuteur de formuler ses appréciations. Une
petite comparaison entre les adjectifs objectifs et les adjectifs subjectifs va
montrer comment les derniers manifestent le jugement de l‟énonciateur :
-

On utilise souvent les adjectifs objectifs pour les informations sur les
caractéristiques stables que tout le monde trouve évidemment comme la
couleur, la forme, la nationalité…
Ex : Ses yeux sont bleus. ; Il est français.

15


-

En revanche, les adjectifs subjectifs servent à exprimer un sentiment ou un
jugement du narrateur.
Ex : Il n’est pas gentil ; Cette robe est belle mais chère.

C. Kerbrat-Orecchioni (1980, 94) les divise en quatre types :
o Les adjectifs subjectifs-affectifs sont employés pour exprimer les
sentiments, les affects, les émotions, les passions. (Ex : drôle, dramatique,
pénible, heureux …)
o Les adjectifs subjectifs-évaluatifs non axiologiques « impliquent une
évaluation qualitative ou quantitative de l‟objet dénoté par le substantif
qu‟ils déterminent ». Ils ne portent pas la trace de l‟appréciation ou du
jugement du locuteur. Ils sont confrontés facilement avec les adjectifs
objectifs mais leur contenu a une valeur qui peut changer au point de vue de
chaque personne. (Ex : petit/grand, chaud/froid, long/court…)
o Les adjectifs subjectifs-évaluatifs axiologiques « portent sur l‟objet dénoté
par le substantif qu‟ils déterminent un jugement de valeur, positif ou
négatif », c‟est-à-dire l‟appréciation ou la dépréciation du locuteur. (Ex :
bon, beau, mauvais, idéal, …)
o Les adjectifs axiologiques affectifs qui ont les caractéristiques mélangées de
ceux des deux types précédents. (Ex : admirable, méprisable, agaçant, …)
 Les modalisateurs
En

linguistiques,

il

existe

beaucoup

de

définitions

du

terme

« modalisateurs » sous plusieurs points de vue de nombreux linguistes. Selon
Franck Neveu (2000, p.21), « un modalisateur est une expression linguistique, un
morphème, un procédé typographique, ou bien un phénomène prosodique, qui
marque le degré d‟adhésion du sujet de l‟énonciation à l‟égard du contenu des
énoncés qu‟il profère ». Ou d‟après E. Korkut et I. Onursal (2009, p.27), « les
modalisateurs sont les éléments linguistiques qui révèlent non seulement la

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présence du sujet parlant mais aussi son attitude et sa prise de position dans son
énoncé ». Alors les modalisateurs, pour eux, sont considérés comme un outil
d‟exprimer les modalités d‟énoncés et donc peuvent être présentés sous toutes les
catégories lexicaux comme nom, verbes, adjectif, verbe.
Mais dans cette recherche, comme nous avons abordé les verbes et les
adjectifs « modalisateurs », nous voudrions reprendre la définition plus restreinte
de ce terme donnée par les dictionnaires, donc la plus connu, accompagnée
souvent dans le groupe de mots « adverbes modalisateurs ». Ils deviennent, dans
ce cas :
-

des adverbes (ex : peut-être, sûrement, évidemment, heureusement,
franchement…)

-

des locutions adverbiales (ex : sans doute, jamais de la vie, sans conteste, à
coup sûr…)
ou plus largement, ils peuvent être aussi

-

des groupes prépositionnels (ex : à mon avis, d‟après lui, selon moi, au sens
littéral…)

Outre les adverbes, on peut employer encore une marque temporelle
comme un type de modalisateur : le mode conditionnel quand il est utilisé pour
exprimer l‟incertitude. Grâce à ce mode, le locuteur donne une information qui
n‟est pas encore avérée, qui reste à vérifier : ex : « Il serait coupable ».
N. Le Querler, à travers son article « Les modalités en français » (2004), y
ajouter le subjonctif qui porte nettement la marque de la subjectivité du locuteur,
et quelques temps du mode de l‟indicatif comme l‟imparfait ou le présent.
Cependant, ils sont polysémiques, donc difficiles à être reconnus comme
marqueurs de modalité. On peut reprendre son exemple pour le prouver : « Il reste
hélas des heures des heures tous les jours dans un café ! ». Il trouve dans cette
phrase un présent qui « fait à coup sûr référence au maintenant du locuteur »,

17


porte une valeur aspectuelle durative et donc marque « la modalité appréciative
désapprobative ».
b. Typologie des modalités de l’énoncé
La classification des modalités d‟énoncé est toujours une question ayant
plusieurs réponses selon les différents linguistes. Nous allons nous inspirer dans
notre recherche la typologie la plus connue de Darrault (1976), Meunier (1974) et
C. Kerbrat-Orecchioni (1980) :
Modalité de l'énoncé

Modalités
affectives

Modalités
logiques

Modalités
appréciatives

aléthique

axiologique
épistémique
non-axiologique

déontique

Tableau 1 : Typologie des modalités de l’énoncé

 Modalités logiques
Il existe trois types de modalités logiques qui sont l‟origine du carré
logique d‟Aristote : épistémique, aléthique, déontique. Pour bien encadrer
ces types de modalités, nous adoptons les valeurs modales proposées par
Parret (1976) en donnant les exemples précis y compris les marqueurs
modaux abordés.
Modalité
Épistémique

Valeurs modales
Certitude

Incertitude

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Exemples
+ Verbe : penser,

croire,


Probabilité

Improbabilité

trouver que, savoir, douter …
+

Adjectif :

certain,

sûr,

inévitable…
+ Adverbe : certainement,
indéniablement, sûrement …
Aléthique

Nécessité

Contingence

+ Verbe : pouvoir, devoir,

Possibilité

Impossibilité

falloir, paraître, sembler…
+

Adjectif :

nécessaire,

(Il

est)

possible,

impossible…
+ Adverbe : probablement,
vraisemblable,
nécessairement…
Déontique

Obligation

Facultativité

+ Verbe : devoir, falloir,

Permission

Interdiction

interdire permettre, …
+

Adjectif :

obligatoire,

interdit, permis…
+ Adverbe : obligatoirement,
nécessairement,
forcément,…
Tableau 2 : Les modalités logiques

 Modalités affectives et appréciatives
La typologie des modalités affectives et appréciatives est empruntée à la
classification des adjectifs concernant la subjectivité de C. Kerbrat-Orecchioni
(1980) que nous avons présentée dans la partie des marqueurs des modalités de
l‟énoncé. Ce type de modalités est ainsi marqué majoritairement par les adjectifs
et les adverbes qui manifestent les sentiments du locuteur. Cependant il nous

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